Transformation en SAS et prévoyance

La transformation d’une SARL ou EURL en SAS ou SASU entraine une remise à plat du régime de protection sociale du dirigeant. Vous pourrez compléter cet article avec d’autres lectures sur notre article sur le passage en SAS et épargne retraite.

Transformation de la SARL en SAS :

Depuis 1994 et la promulgation de la Loi Madelin, le statut social et fiscal de la SARL a été plébiscité par l’ensemble des acteurs du conseil aux dirigeants. En effet, à partir de cette date, le gérant de SARL a pu mettre en place une protection sociale sur mesure pour couvrir ses besoins en prévoyance, retraite et mutuelle santé. Depuis 2013, la soumission aux charges sociales des dividendes de SARL est venue rebattre les cartes du conseil en choix de statut. Mais attention, comme toujours, il ne faut pas être aveuglé par l’avantage fiscal ou social, seule un approche globale peut permettre de prendre une décision éclairée.

Que devient la prévoyance de mon régime obligatoire ?

En transformant sa SARL en SAS, le ou la gérant(e) va devenir président(e) et sera affilié(e) au régime général de la sécurité sociale comme un salarié. Différence notable et logique : contrairement au salarié lambda, le président de SAS n’est pas couvert par l’assurance chômage. ». En effet, comment pourrait-il être assuré contre un risque qu’il peut maitriser (se licencier). C’est pour cette raison que le président de SAS est dit « assimilé salarié ». Mais attention, pour bénéficier de ce statut il faut que le président perçoive une rémunération. Pas de rémunération = pas de cotisation = pas de droits aux IJ ni à la retraite ! 

En tant que mandataire social, le président de SAS ou SASU n’est pas contraint par le salaire minimum obligatoire prévu dans le code du travail. Il est même possible de prévoir que son mandat de président ne soit pas rémunéré (cette possibilité existe d’ailleurs aussi pour les gérants de SARL).

Quelle prévoyance accident/maladie pour un(e) président(e) rémunéré(e) ?

Un(e) président(e) rémunéré(e) pour l’exercice de ses fonctions cotisera sur cette rémunération et aura donc droit à une protection sociale. Attention, l’ouverture d’une couverture en indemnités journalières nécessitera un minimum d’heures de cotisations :

  • Pendant les 6 premiers mois : avoir cotisé au moins 150 heures au cours des 90 jours qui précèdent l’arrêt de travail.
  • Au-delà des 6 premiers mois : Justifier d’1 an d’immatriculation en tant que président et avoir travaillé au moins 600 heures dans l’année qui précède l’arrêt de travail OU avoir cotisé au moins 2030 fois le SMIC horaire dans l’année précédent l’arrêt de travail.

Ainsi pour 2020, 600 SMIC horaires correspondent à 6 090 €.

Quelle prévoyance maternité pour un(e) président(e) rémunéré(e) ?

Le versement d’indemnités journalières pour congé maternité ou paternité est soumis à conditions. Pour être éligible, le ou la président(e) devra :

  • Etre immatriculé(e) depuis 10 mois
  • Et justifier de 150 heures de travail au cours des 3 mois précédant l’un des faits générateurs suivants : soit le début de grossesse, soit le congé prénatal, d’adoption, paternité ou d’accueil de l’enfant adopté. Ou avoir perçu un salaire d’au moins 1015 fois le SMIC horaire au cours des 6 mois précédant l’un des faits générateurs vu plus haut.

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Quelle prévoyance pour un président non rémunéré ?

Vous l’aurez compris, la transformation d’une SARL en SAS est souvent motivée par le régime social de faveur des dividendes versés par la SAS. Implicitement, ça implique que le président va être tenté de diminuer sa rémunération voire même la remplacer totalement par des dividendes. Or, le ou la président(e) de SAS ou de SASU non rémunéré(e) ne cotise pas et n’est donc pas affilié(e) au régime général. Ainsi, il échappe à toute protection sociale sauf à être couvert par ailleurs soit par un autre statut actif (gérant, salarié…) soit en tant que chômeur. En effet, les dividendes perçus étant exonérés de charges sociales (contrairement au gérant majoritaire), ceux-ci ne génèrent pas de couverture pour le président.

Nous venons de voir que le président de SAS non rémunéré ne sera pas couvert par son régime obligatoire. Cependant, certains contrats de prévoyance permettent la mise en place d’indemnités journalières (IJ) « forfaitaires » jusqu’à un certain montant. Il faut également s’interroger sur des éventuels antécédents médicaux qui pourraient compliquer le choix d’un contrat de prévoyance. Une étude rapide de la situation du dirigeant permettra de définir une liste de 3 compagnies à interroger.

Quelle assurance chômage pour le ou la président(e) de SAS ?

Comme nous l’avons vu plus haut, c’est sur ce point que le régime du président de SAS diffère de celui d’un salarié classique. En effet, un des principe de base de l’assurance est l’aléa du risque. Ainsi, on ne peut pas s’assurer contre un risque qu’on maitrise. Or, le ou la président(e) de SAS pourrait très bien s’auto-licencier même lorsque la société a une situation financière solide. On voit bien le risque d’abus auxquels l’assurance chômage pourrait être confrontée. En revanche, il est évident que la rémunération que se verse le ou la président(e) ne sera pas soumise aux cotisations chômage.

Quelle rémunération pour le ou la président(e) de SAS ?

Lorsqu’une rémunération est mise en place, il conviendra de générer des bulletins de paie et d’établir une DNS (déclaration sociale nominative). En tant que mandataire social, le ou la président(e) de SAS / SASU relèvera du statut cadre et ce même si son salaire est fixé en deçà du SMIC. Mais attention, le droit aux IJ et à la validation de 4 trimestres de retraite par an nécessitera une rémunération minimum de 600 fois le SMIC horaire. Pour plus d’informations sur l’impact de la transformation de votre SARL en SAS concernant la retraite, vous pouvez consulter notre article sur le passage en SAS et épargne retraite.

Comme nous venons de le voir, la transformation d’une SARL en SAS doit impliquer une réflexion sur la protection sociale du dirigeant. Ce travail peut être réaliser rapidement par un courtier qui a l’habitude de traiter ce genre de problématiques notamment en relation avec l’expert comptable du client.

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